Du 1ᵉʳ au 3 novembre s’est tenu à Dijon le 2ᵉ congrès général de la jeunesse orthodoxe en Europe occidentale. Faisant suite à celui d’Annecy qui avait rassemblé, en 1971, 300 personnes, le congrès de Dijon dépassera toutes les prévisions : plus de 700 participants (voir aux annexes la « fiche signalétique du Congrès » qui donne le détail des participants : prélats, clercs et laïcs, et des observateurs et invités), venus de nombreux pays d’Europe occidentale ainsi que d’autres parties du monde ; autant de jeunes qu’à Annecy, mais plus encore de jeunes adultes — 25 à 40 ans —, et aussi des enfants et de nombreux représentants des premières générations d’orthodoxes qui, ayant vu dans le dénuement que fut celui des émigrés russes des années 20 et 30, une possibilité de dépouillement et de recentrement sur l’Unique nécessaire, ont « tenu » dans la foi, préparant ainsi, souvent sans le savoir et sans aucune perspective apparente, le renouveau actuel.
Pour ceux qui y participèrent, Dijon fut essentiellement une découverte ou une redécouverte de l’Eglise, dans son unité et sa catholicité d’abord. Membres de communautés urbaines ou de fraternités de disséminés, vivant souvent en vase clos, ce fut l’occasion de « sentir » l’Eglise, de voir émerger une réalité orthodoxe locale dont ils sont membres, réalité nourrie par l’expérience de l’Orthodoxie grecque, slave, arabe, athonite, en communion donc avec l’Orthodoxie universelle, se voulant avec elle au service des hommes et cherchant pour cela sa voie propre en Occident.
Ce fut aussi une découverte de l’Eglise comme lieu d’écoute et d’assimilation de la Parole de Dieu au niveau du vécu. Parole prêchée par des témoins qui en ont l’expérience pour avoir misé leur vie sur elle. Et pour ceux-là mêmes pour qui le Christ n’est pas l’évidence ni l’unique espérance, Parole entendue, vérité pressentie, car la Parole vécue ne trompe pas.
Découverte enfin de l’Eglise comme modalité normale de vie dans le monde : non pas un monde « sécularisé » qui s’opposerait au monde « sacralisé » que serait l’Eglise, mais bien la vie en communion, en Eglise, c’est-à-dire la vie en Christ, au cœur du monde et pour que la justice et l’amour de Dieu pénètrent les hommes et transforment le monde.
La dimension ecclésiale de ce congrès se manifeste avec évidence lors de la liturgie eucharistique du dimanche concélébrée par tout le peuple sous la présidence de ses évêques.
Ainsi, après Annecy, où dominèrent la joie et l’émerveillement de la rencontre, Dijon fut le congrès de la fraternité orthodoxe et de la jeunesse d’une Eglise appelée à vivre et à faire revivre.
