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Christos Yannaras

Christos Yannaras. Philosophe et théologien orthodoxe grec, professeur émérite à l’Institut d’Études politiques d’Athènes, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le sens de la tradition orthodoxe et son rapport avec la modernité.

Articles publiés (5)

Notre cheminement vers la liberté réelle
N° 239 · 2012

Cet article du philosophe et théologien grec Christos Yannaras, professeur émérite à l'Université des sciences politiques d'Athènes, porte sur la notion de liberté envisagée dans une perspective théologique orthodoxe. Relevant d'une réflexion philosophique et spirituelle, il distingue la conception courante de la liberté, réduite à l'autonomie individuelle, de son sens authentique tel que le comprend la tradition ecclésiale. L'idée centrale est que la véritable liberté consiste non dans l'affirmation de soi, mais dans le renoncement à l'ego, condition d'une ouverture à la grâce divine et à la relation avec autrui. L'apport théologique de l'article réside dans la mise en valeur de la dimension ecclésiale de l'ascèse : l'effort personnel de l'homme, être fondamentalement relationnel, ne s'accomplit pas dans la solitude, mais s'inscrit dans la vie commune de l'Église comme événement communautaire.

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L’approche orthodoxe de l’amour humain
N° 180 · 1997

Cet article est la transcription d'une communication du théologien et philosophe grec Christos Yannaras, présentée lors d'un congrès à Saint-Laurent-sur-Sèvre. L'auteur y développe une réflexion sur la nature de l'amour dans la perspective de la théologie orthodoxe. L'idée centrale est la distinction entre l'amour comme élan naturel et l'amour comme mode d'existence, à l'image du Dieu trinitaire. Yannaras montre que la définition johannique « Dieu est Amour » fonde une ontologie de la personne irréductible à toute morale sentimentale ou individualiste. S'appuyant sur les Pères de l'Église, notamment saint Maxime le Confesseur, il articule éros et agapé, apophatisme et pastorale, obéissance et liberté. L'apport théologique majeur réside dans la critique de la confusion entre amour naturel et amour ecclésial, illustrée par une relecture du sacrement du mariage et des pratiques de direction spirituelle.

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Pour un nouvel œcuménisme
N° 179 · 1997

Cet article de Christos Yannaras, transcription d'une communication prononcée à Rome en 1996, propose une réflexion critique sur l'œcuménisme contemporain et plaide pour son renouvellement radical. L'auteur soutient que l'œcuménisme des années 1960, centré sur la connaissance mutuelle des confessions et les débats sociaux ou idéologiques, a manqué l'essentiel : la question de la victoire sur la mort. Il défend un œcuménisme fondé sur la rencontre personnelle et existentielle entre croyants partageant la même soif de vie véritable. Articulant sa pensée autour des notions de liberté et de connaissance, Yannaras les réinterprète à partir de la tradition patristique et de l'anthropologie personnaliste orthodoxe, en opposition à l'individualisme moderne. L'apport théologique de l'article réside dans la mise en relation de l'ecclésiologie, de l'ascèse et de l'ontologie personnelle comme fondements d'un dialogue chrétien authentique.

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Christos Yannaras s’entretient avec Constantin Sigov
N° 160 · 1992

Cet article prend la forme d'un entretien entre le philosophe grec Christos Yannaras et le philosophe ukrainien Constantin Sigov, tous deux de tradition orthodoxe. La conversation, conduite en français, explore les rapports entre langage, philosophie et théologie à partir de la question des mots et de leur charge d'expérience. Yannaras y développe une réflexion sur les origines de la philosophie dans la tradition grecque, la notion de *pneuma*, la démocratie athénienne comme modèle éthique, et la relation entre temps et éternité à partir de saint Maxime le Confesseur. L'apport théologique de cet échange réside dans l'articulation entre ontologie personnaliste, apophatisme hérité d'Héraclite et expérience ecclésiale vivante, où les Pères de l'Église — Isaac le Syrien, Maxime le Confesseur, Grégoire Palamas — sont présentés comme interlocuteurs contemporains plutôt que comme références historiques distantes.

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L’Orthodoxie : Vestige archeologique ou témoignage de l’essentiel ?
N° 158 · 1992

Cet article de Christos Yannaras, issu d'une conférence prononcée à Marseille en 1992 à l'occasion du dimanche de l'Orthodoxie, examine la signification authentique de l'orthodoxie face à ses réductions idéologiques contemporaines. L'auteur adopte une approche méditative et argumentative, articulant réflexion philosophique, exégèse biblique et référence aux Pères de l'Église. L'idée centrale est que l'Orthodoxie ne saurait être réduite à un système doctrinal figé ou à un fanatisme idéologique : elle désigne un mode d'existence fondé sur la relation personnelle et l'amour, à l'image de la vie trinitaire. En mobilisant des figures patristiques — Isaac le Syrien, Athanase, Grégoire Palamas, Maxime le Confesseur — ainsi que des paraboles évangéliques, Yannaras montre que la foi est confiance relationnelle, que l'Église est lieu de transformation existentielle, et que la question de la mort reçoit une réponse dans la déification de l'homme par les énergies divines. L'apport théologique réside dans la reformulation de l'Orthodoxie comme ontologie de la communion, distincte de toute morale individualiste ou religiosité piétiste.

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