Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Hyacinthe Destivelle
Hyacinthe Destivelle, o.p.. Docteur en sciences religieuses de l’Institut Saint-Serge (Paris) et docteur en théologie de l’Institut catholique de Paris, il est officiel en charge de la Section orientale du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Rome).
Articles publiés (4)
Le Concile de Moscou comme « événement » ecclésiologique Procédures, déroulement et principales décisionsCet article du père Hyacinthe Destivelle, o.p., porte sur le Concile local de Moscou de 1917-1918 et sa signification ecclésiologique. Relevant d'une étude historique et théologique, il propose de lire ce concile non comme une simple institution canonique, mais comme un « événement », au sens que le Document de Ravenne confère à ce terme : un kairos suscité par l'Esprit Saint. L'idée principale est que le Concile de Moscou constitue un moment unique de mise en œuvre institutionnelle de la conciliarité, à tous les niveaux de la vie ecclésiale — gouvernement suprême, administration éparchiale, vie paroissiale et monastique —, associant évêques, clercs et laïcs. L'apport théologique de l'article réside dans la démonstration que ce concile, devenu concile de martyrs sous la persécution soviétique, a traduit la sobornost' en structures canoniques concrètes, offrant ainsi une contribution originale et durable à la réflexion ecclésiologique orthodoxe et au dialogue œcuménique.
Lire l'article → Le père Yves Congar et l’orthodoxie russe un dialogue de véritéCet article du père Hyacinthe Destivelle retrace l'histoire du dialogue qu'Yves Congar (1904-1995) a mené avec l'orthodoxie russe, depuis ses premières fréquentations des milieux de l'émigration russe et de l'unionisme catholique dans les années 1930 jusqu'à ses travaux postconciliaires. L'étude, à la fois historique et théologique, montre que ce dialogue s'est structuré en trois étapes, incarnées par trois penseurs russes : Khomiakov, qui nourrit la réflexion congarienne sur l'unité de l'Église et la sobornost' ; Soloviev, qui inspire la notion d'unipluralité ecclésiale ; Bolotov, dont la distinction entre dogmes et theologoumena fournit des outils herméneutiques pour penser la diversité dans l'unité. L'apport principal de l'article est de montrer que ce dialogue, fondé sur l'expérience directe autant que sur l'érudition, a contribué de manière décisive au renouveau ecclésiologique catholique, notamment à l'élaboration du concept de collégialité au concile Vatican II.
Lire l'article → La réforme des académies ecclésiastiques au Concile local de Moscou de 1917-1918Cet article de Hyacinthe Destivelle examine les travaux de la douzième commission du Concile local de Moscou de 1917-1918, consacrée à la réforme des académies ecclésiastiques russes. S'appuyant sur les protocoles inédits de quarante-quatre séances et sur le projet de nouveau Règlement élaboré par la commission, l'étude analyse trois grands débats : la vocation des académies (formation intellectuelle ou pastorale), leur administration (autonomie interne versus tutelle épiscopale) et l'articulation des disciplines théologiques et auxiliaires. L'article met en évidence la confrontation entre un courant « scientifique », favorable à l'autonomie et à la spécialisation universitaire, et un courant « spirituel », attaché à la formation monastique et patristique. Il montre que ce concile marque à la fois une distinction institutionnelle entre formation intellectuelle et formation spirituelle, et une rencontre intellectuelle entre deux traditions théologiques russes longtemps séparées. Interrompue par la Révolution, cette dynamique se prolongera dans l'émigration, notamment à l'Institut Saint-Serge de Paris.
Lire l'article → L’application du Concile local de Moscou de 1917-1918 dans les statuts de l’archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentaleCet article examine l'application des décisions du Concile local de Moscou de 1917-1918 dans les statuts de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, rattaché au patriarcat de Constantinople et dont la cathédrale est située rue Daru à Paris. Procédant à une analyse canonique rigoureuse, l'auteur confronte systématiquement les dispositions statutaires de l'Archevêché — tant au niveau diocésain que paroissial — aux décrets conciliaires de 1917-1918. Il montre que ces statuts, adoptés en 1924 et révisés en 1998-1999, appliquent fidèlement le principe de conciliarité (_sobornost_) à travers des organes mixtes clercs-laïcs, l'élection de l'archevêque et l'inamovibilité épiscopale. L'apport principal de l'étude est de démontrer que la diaspora russe en Europe occidentale, empêchée en URSS par le régime soviétique, a non seulement préservé mais parfois dépassé l'héritage conciliaire de 1917-1918, en l'adaptant au cadre juridique français des associations cultuelles et au statut d'autonomie interne de l'Archevêché.
Lire l'article →