Le Centre perdu
N° 96 · 1976
Cet article est un extrait de l'essai critique *Le Centre perdu* de Zissimos Lorentzatos, traduit du grec par Jacques Touraille. L'auteur y développe une analyse de la crise de la poésie européenne depuis la Renaissance, en mobilisant des références allant de Rimbaud et Mallarmé à T. S. Eliot et Artaud. Sa thèse centrale est que cette crise n'est pas d'ordre esthétique ou technique, mais fondamentalement métaphysique : la poésie moderne a perdu son « centre », c'est-à-dire son ancrage dans une tradition spirituelle vivante. L'apport théologique de l'essai est explicite : Lorentzatos identifie ce centre perdu à la tradition orthodoxe orientale, qu'il oppose à l'anthropocentrisme issu de la Renaissance. Il interpelle la Grèce moderne, héritière d'une tradition spirituelle intacte, lui reprochant de l'ignorer au profit d'une imitation stérile des modèles européens.
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