Ce numéro est surtout consacré à la conception orthodoxe du témoignage dans une société sécularisée. C’est le titre même de l’étude introductive, fondamentale, de Nicolas Lossky. Elle a le double mérite de libérer l’Orthodoxie des mythes de la nostalgie et de la totalité, et de montrer que le rôle de l’Église, ainsi ramené à l’« unique nécessaire », est de « laisser parler Dieu » pour qu’il fasse de quelques hommes, pour tous, des témoins de la résurrection.
Les trois textes qui suivent illustrent, chacun à sa manière, cette vision :
Dans une lettre d’une extrême importance, traduite par Philippe Arjakovsky, Nicolas Berdiaev décrit sa conversion au Christ vainqueur de la mort et comment il a décidé de témoigner d’un christianisme de la joie et de l’amour créateur par son labeur philosophique même, au sein d’une société laïque.
Lidia Staniloaë, souligne, dans Poésie et spiritualité, que toute poésie authentique est ouverture à l’illimité, sans doute au nom du Dieu de l’apophase et de la kénose.
Christos Yannaras, avec Science et foi : la vision « logique » du monde, traduit par Michel Stavrou, éclaire la quête scientifique contemporaine par la « contemplation de la nature » dont parlent les Pères grecs et qui décèle la présence personnelle du Logos dans les logoï de la création.
Nous commençons enfin la publication d’un cours encore inédit donné, à la fin de sa vie, par Paul Evdokimov, dans le cadre de l’Institut d’études œcuméniques de Paris. Ce cours a pour thème Principes de l’herméneutique orthodoxe. L’exigence d’un témoignage à la fois fidèle et renouvelé porte cette recherche. Dans un premier chapitre, Paul Evdokimov expose les approches théologiques et herméneutiques de Karl Barth et la réflexion orthodoxe qu’elles suscitent.
Dans les chroniques, le Père Boris Bobrinskoy évoque l’œuvre et la pensée du nouveau métropolite Jean (Zizioulas) et la théologie de saint Irénée de Lyon à propos d’un important ouvrage d’Ysabel de Andia.
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