Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Alexis Van Bunnen
Alexis van Bunnen, licencié-agrégé en philosophie et en Histoire, est historien et exégète à Bruxelles.
Articles publiés (6)
Heurs et malheurs de « l’Église catholique orthodoxe de France »Cet article retrace l'histoire de l'« Église catholique orthodoxe de France », une institution qui s'est constituée comme tentative d'enracinement de l'orthodoxie dans le contexte culturel occidental. À travers une étude historique, Alexis Van Bunnen examine les principales étapes de la fondation, du développement et des difficultés rencontrées par cette Église. L'idée centrale est que la construction d'une Église orthodoxe locale en France a impliqué des choix ecclésiologiques et liturgiques spécifiques, visant à articuler la tradition orthodoxe avec les particularités de la culture latine et française. L'apport de l'article réside dans la mise en lumière des tensions inhérentes à tout projet d'inculturation orthodoxe en Occident, entre fidélité aux sources byzantines et adaptation aux réalités d'un contexte ecclésial et culturel profondément différent de celui des Églises orthodoxes orientales traditionnelles.
Lire l'article → Le Concile de Constantinople de 879-880 — III. La question du «Filioque»Cet article constitue le troisième volet d'une étude historique et théologique consacrée au concile de Constantinople de 879-880. Il examine la manière dont ce concile a traité la question du *Filioque*, à travers l'analyse du décret de la sixième session interdisant toute modification du symbole de Nicée-Constantinople, l'étude critique d'une lettre attribuée au pape Jean VIII à Photius, et l'examen des écrits ultérieurs de Photius sur la procession du Saint-Esprit. L'article montre que le consensus obtenu en 879-880 reposait sur une ambiguïté fondamentale entre les positions grecque et latine, sans que la question doctrinale soit tranchée. Son apport principal est de démontrer que le *Filioque* ne fut pas, à cette époque, un motif de rupture entre Rome et Constantinople, et de proposer le retour au texte originel du Credo comme voie œcuménique toujours pertinente.
Lire l'article → Un centenaire oublié : Le concile de 879-880 – 1ère partieCet article constitue la première partie d'une étude historique consacrée au concile de Constantinople de 879-880, tenu sous le patriarcat de Photius et resté largement méconnu malgré son importance. Adoptant une approche d'histoire ecclésiastique rigoureuse, l'auteur retrace les antécédents du concile — le conflit entre Photius et le pape Nicolas Ier, le rôle de la question bulgare, le concile ignacien de 869-870 — avant d'en exposer le déroulement session par session. L'apport principal de l'article est de montrer que ce concile constitua le seul véritable concile d'union réussi entre Rome et Constantinople : il réhabilita Photius, posa un principe de réciprocité entre les deux sièges et interdit toute addition au symbole de foi, visant implicitement le Filioque. L'auteur réfute également la légende d'un « second schisme de Photius » et souligne la dimension œcuménique, trop longtemps négligée, de l'action du patriarche.
Lire l'article → Un théologien de l’Unité : le Père Louis BouyerCet article d'Alexis van Bunnen présente et analyse la pensée œcuménique du théologien catholique Louis Bouyer concernant les relations entre catholicisme et orthodoxie. Adoptant une démarche d'étude théologique systématique, l'auteur expose la thèse centrale de Bouyer selon laquelle le schisme entre les deux Églises n'a jamais été pleinement consommé, celles-ci demeurant une seule et même Église malgré leurs divergences apparentes. L'article examine successivement les principaux points de désaccord dogmatique — le Filioque, l'Immaculée Conception et l'infaillibilité pontificale — en montrant que Bouyer les interprète comme des perspectives complémentaires plutôt que contradictoires. L'apport théologique de cette étude réside dans la mise en lumière d'une troisième voie œcuménique, distincte de l'indifférentisme et du polémisme, fondée sur la reconnaissance de la plénitude apostolique dans chacune des deux traditions.
Lire l'article → La seconde mortCet article du théologien belge Alexis van Bunnen porte sur la doctrine de l'enfer dans la tradition chrétienne, envisagée à partir de la notion biblique de « seconde mort ». Procédant par une étude théologique et philosophique, l'auteur examine successivement les conceptions répressives héritées de la tradition, la tentation de l'apocatastase universelle et les paradoxes que soulève toute affirmation de l'enfer. L'idée centrale est que l'enfer ne peut être pensé ni comme punition divine ni comme réalité destinée à autrui, mais uniquement comme possibilité personnelle et librement assumée du refus de Dieu. S'appuyant sur Berdiaev, Evdokimov, Clément et Isaac le Syrien, l'article s'inscrit dans le prolongement de la philosophie religieuse orthodoxe russe contemporaine et propose une démythologisation de l'enfer qui en restitue la signification évangélique : non un instrument de terreur, mais le risque inhérent à l'amour divin respectueux de la liberté humaine.
Lire l'article → Le christianisme : théisme ou humanismeCet article d'Alexis van Bunnen examine la question de savoir si le christianisme relève du théisme ou de l'humanisme. Procédant par une étude théologique et historique, l'auteur montre que ces deux catégories, prises isolément, trahissent la spécificité du christianisme. Il analyse d'abord deux interprétations extrêmes de l'Incarnation — la théologie anselmienne de la satisfaction et les théologies de la « mort de Dieu » — pour montrer comment chacune rompt l'équilibre entre action divine et liberté humaine. S'appuyant sur la pensée de Vladimir Soloviev, il retrace la genèse historique de cette double exigence dans les cultures orientale et occidentale. L'apport central de l'article est la notion de théandrisme, concept orthodoxe désignant la synergie entre Dieu et l'homme inaugurée par l'Incarnation, qui dépasse aussi bien le théisme désincarné que l'humanisme autonome, et constitue selon l'auteur la marque la plus originale du christianisme.
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