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Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est professeur honoraire de philosophie en Khâgne à Orléans et enseigne la théologie morale à l’Institut Saint-Serge (Paris). Il est l’auteur de nombreux ouvrages.

Articles publiés (10)

Qu’est-ce que la théologie morale ?
N° 286 · 2024

Cet article de Bertrand Vergely s'interroge sur la nature et les fondements de la théologie morale chrétienne. À travers une réflexion philosophique et théologique, l'auteur propose une approche progressive de l'éthique, distinguant plusieurs niveaux d'engagement moral. Il examine d'abord la morale fondée sur les principes immanents qui régissent la vie en société, reconnaissant sa capacité à humaniser les relations humaines et à structurer le vivre-ensemble. L'étude montre ensuite que la théologie morale orthodoxe dépasse ce cadre en ancrant l'agir éthique dans la relation à Dieu. L'apport principal de l'article réside dans cette distinction entre une morale autonome, suffisante sur le plan social, et une éthique théologale où l'action humaine devient le lieu d'une coopération avec le divin. Cette perspective offre une contribution originale à la réflexion contemporaine sur les rapports entre éthique et foi chrétienne.

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Heureux les pacifiques !
N° 278 · 2022

Bertrand Vergely, philosophe, examine dans cet article la notion de guerre spirituelle et ses fondements théologiques et anthropologiques. Par une approche philosophique et critique, il analyse les mécanismes passionnels à l'œuvre dans toute logique guerrière, montrant comment la désignation de l'ennemi comme incarnation du mal légitime le recours à la violence. L'idée principale est que les concepts de « guerre juste » et de « guerre morale » reposent sur des dynamiques propres au monde déchu, incompatibles avec une authentique spiritualité chrétienne. L'article prend appui sur la situation contemporaine, notamment la rhétorique du gouvernement russe justifiant son intervention militaire par des arguments moraux et religieux. L'apport théologique réside dans la distinction entre une spiritualité de la paix, enracinée dans l'Évangile des Béatitudes, et les constructions idéologiques qui instrumentalisent le sacré pour légitimer la guerre.

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Olivier Clément et l’anthropologie
N° 267 · 2019

Cet article examine la pensée anthropologique d'Olivier Clément à travers le prisme de la philosophie contemporaine. Bertrand Vergely, philosophe, propose une étude contextuelle qui situe l'œuvre de Clément dans le paysage intellectuel du XXe siècle, marqué par les grandes crises de la modernité et les interrogations sur la condition humaine. L'idée centrale est que Clément élabore une anthropologie théologique originale, articulant la liberté humaine et la vocation de la personne à la vie en Christ, en dialogue critique avec les courants philosophiques de son époque. L'apport de cet article réside dans la mise en lumière de la cohérence interne de cette anthropologie, qui refuse aussi bien le réductionnisme matérialiste que l'idéalisme abstrait, pour proposer une vision de l'homme fondée sur la transfiguration et l'ouverture à la transcendance divine.

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Olivier Clément : Beauté, résurrection et transfiguration
N° 247 · 2014

Cet article de Bertrand Vergely propose une étude de la pensée d'Olivier Clément, théologien orthodoxe du XXe siècle, en la situant dans la catégorie des penseurs pionniers plutôt que des philosophes systématiques. L'approche est celle d'une synthèse intellectuelle et spirituelle, articulée autour de trois axes fondamentaux : la beauté comme expérience originaire du transcendant, la mort comme question existentielle irréductible, et la résurrection comme réponse chrétienne à l'absurde. L'article montre comment Clément, parti d'un athéisme de formation, a élaboré une vision cohérente où beauté, amour et déification de l'homme se répondent mutuellement. L'apport théologique réside dans la mise en lumière de la centralité de la transfiguration dans sa pensée, ainsi que dans son dialogue avec la modernité post-soixante-huitarde, pour laquelle il propose une liberté d'enracinement spirituel comme alternative à l'individualisme radical.

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P. Evdokimov et la théologie morale
N° 235 · 1970

Cet article de Bertrand Vergely, professeur à l'Institut Saint-Serge, propose une étude systématique de la théologie morale de Paul Evdokimov à partir de l'ouvrage posthume *Une vision orthodoxe de la théologie morale* (Cerf, 2009). L'approche est à la fois analytique et comparative : Vergely examine les fondements philosophiques de la morale et de la théologie, retrace la crise de la théologie morale en Europe occidentale et évalue les réponses apportées par Nietzsche avant d'exposer la contribution orthodoxe. L'idée centrale est qu'Evdokimov refuse de fonder la morale sur des principes abstraits, des normes naturelles ou des structures sociales, pour l'ancrer dans l'expérience de transformation personnelle propre à la vie ecclésiale — liturgie, sacrements, communion et monachisme intériorisé. L'apport théologique réside dans la mise en valeur du concept patristique de déification comme seul fondement cohérent d'une éthique chrétienne authentique, dépassant aussi bien le moralisme religieux que le moralisme séculier.

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Transfigurer la vie quotidienne
N° 227 · 2009
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L’homme aujourd’hui mort de l'homme ou nouveauté ?
N° 213 · 2006

Cet article est la transcription révisée d'une conférence plénière prononcée par le philosophe Bertrand Vergely dans le cadre d'un congrès de théologie orthodoxe. L'auteur y propose une méditation philosophique et anthropologique sur la condition humaine contemporaine. Sa thèse centrale est que la crise actuelle — marquée par la fin des références à Dieu comme à l'homme — résulte d'une dynamique dévorante entre idoles et individus, entre religions politiques et nihilisme. Face à cette impasse, Vergely défend une anthropologie fondée sur la foi, le mystère et la personne, articulée autour de la notion de royauté de l'être humain. L'apport théologique de l'article réside dans sa relecture orthodoxe de la théanthropie : en convoquant les Pères, Descartes et l'Écriture, l'auteur montre que la rencontre entre le « Je suis » divin et le « je suis » humain constitue le fondement d'une anthropologie chrétienne capable de répondre aux questions de la création, du mal et du sens de la vie.

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Morale et religion
N° 175 · 1996

Cet article du philosophe Bertrand Vergely, enseignant à l'Institut Saint-Serge de Paris, examine les rapports entre morale, religion et éthique contemporaine. Adoptant une approche philosophique et théologique, l'auteur part du constat d'une contradiction fondamentale du nihilisme moderne, incapable de nier le sens tout en maintenant des exigences morales. S'appuyant sur Dostoïevski, Kierkegaard, Jaspers, Sartre et Pascal, il articule trois niveaux de rapport à la vie — éthique, moral et métaphysique — pour montrer que toute morale authentique présuppose un fondement religieux. Appliquant cette réflexion à la bioéthique, Vergely propose une voie de prudence entre fatalisme et vertige techniciste, structurée autour de trois principes : vouloir le meilleur, éviter que ce désir ne produise le pire, et ne pas confondre l'évitement du pire avec l'atteinte du meilleur. L'apport théologique réside dans l'ancrage christologique de cette éthique incarnée.

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Le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas
N° 158 · 1992

Cet article de Bertrand Vergely examine la relation entre religieux et modernité, deux réalités que l'opinion commune tend à opposer radicalement. Adoptant une démarche philosophique et théologique, l'auteur récuse aussi bien l'antimodernisme religieux que l'anticléricalisme des Lumières, pour défendre une thèse d'implication réciproque : le religieux authentique est foncièrement moderne, et la modernité authentique est foncièrement religieuse. S'appuyant sur Kant, Gauchet, Girard, Dolto, Baudrillard et Maître Eckhart, Vergely montre que nihilisme et fanatisme ne sont pas les fruits respectifs de la modernité et du religieux, mais les deux faces d'une même réification du monde. L'apport théologique central réside dans la figure du Christ comme « parole vivante », maître du langage symbolique contre toute idolâtrie des choses, offrant ainsi une voie de dépassement du conflit entre sacré et désacralisation, et ouvrant la perspective d'un « homme noble » réconciliant intériorité mystique et liberté moderne.

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Philosophie et religion. Reflexions sur le nihilisme et le retour du religieux
N° 154 · 1991

Cet article propose une méditation philosophique sur les rapports entre nihilisme et retour du religieux dans la culture contemporaine, signée par le philosophe orthodoxe français Bertrand Vergely. S'appuyant sur une lecture critique de Marx, Freud, Nietzsche, Bergson et Jaspers, l'auteur analyse les impasses symétriques de l'athéisme militant et du fanatisme religieux, qu'il interprète comme les deux faces d'un même « bouclage pervers ». Il distingue soigneusement la religion de l'ordre, fondée sur le mythe et le rite, de la religion de la conscience, incarnée par la mystique — de Maître Eckhart à Grégoire Palamas. L'apport théologique de l'article réside dans la valorisation d'une religiosité créatrice, ancrée dans la tradition apophatique de Denys l'Aréopagite, capable de résister à l'idolâtrie aussi bien qu'au nihilisme, et dans l'appel à une alliance renouvelée entre philosophie et théologie face à la déshumanisation contemporaine.

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