Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Revue Orthodoxe de Spiritualité et de Théologie
Elisabeth Behr-Sigel
Elisabeth Behr-Sigel. Théologienne orthodoxe et auteure de nombreux ouvrages et articles.
Articles publiés (16)
Mère Marie Skobtsov et le père Lev Gillet Lire l'article → Mère Marie Skobtsov et le père Lev GilletCet article d'Élisabeth Behr-Sigel porte sur la relation entre mère Marie Skobtsov et le père Lev Gillet, dans le contexte de la canonisation de mère Marie par le patriarcat œcuménique de Constantinople. Relevant du témoignage personnel autant que de l'étude historique, il retrace l'amitié profonde qui unit ces deux figures de l'orthodoxie francophone, depuis leur rencontre en 1928 jusqu'à la mort de mère Marie à Ravensbrück. L'auteure montre comment leurs itinéraires spirituels convergent autour d'une même vision de la compassion, de la solidarité avec les persécutés — notamment les Juifs sous l'Occupation — et d'un monachisme renouvelé ancré dans le monde. L'apport de l'article est double : il éclaire la genèse de l'orthodoxie occidentale francophone et situe la sainteté de mère Marie dans une perspective ecclésiologique et œcuménique dépassant le seul cadre de l'émigration russe.
Lire l'article → Chronique des Églises Au métropolite Antoine de Souroge - « mémoire éternelle » Lire l'article → Contacts 1949-2002 : retour sur les origines de la « Revue française de l’orthodoxie »Cet article se présente sous la forme d'un entretien accordé par Élisabeth Behr-Sigel à Michel Stavrou à l'occasion du deux-centième numéro de la revue *Contacts*, fondée en 1949 et refondée en 1959. La théologienne retrace les circonstances historiques de la double naissance de cette « Revue française de l'orthodoxie », en restituant le contexte de la diaspora russe en France, le vide laissé par la disparition des grands penseurs de la première génération — Boulgakov, Berdiaev, Lossky — et le départ vers les États-Unis de Schmemann et Meyendorff. L'entretien éclaire le rôle déterminant de Jean Balzon, Germaine Revault d'Allonnes, Paul Evdokimov, le père Lev Gillet et Olivier Clément dans la refondation de la revue. Il précise également les orientations fondatrices de *Contacts* : affirmation de l'universalité de l'orthodoxie, refus d'un repli ethnique ou nationaliste, et engagement résolu dans le dialogue œcuménique.
Lire l'article → L’ordination des femmes un point chaud du dialogue œcuméniqueCet article d'Élisabeth Behr-Sigel retrace l'histoire de la réflexion orthodoxe sur l'ordination des femmes, depuis l'assemblée du Conseil œcuménique des Églises à New Delhi en 1961 jusqu'au début des années 2000. Adoptant une approche historique et théologique, l'auteure examine les principales étapes de ce débat : les premières prises de position des théologiens orthodoxes dans les années 1960, la conférence d'Agapia (1976), la consultation inter-orthodoxe de Rhodes (1988) et ses prolongements œcuméniques. Elle analyse les arguments successivement avancés contre l'ordination des femmes — canoniques, typologiques, pneumatologiques — et en montre les limites au regard de l'anthropologie théologique des Pères cappadociens. L'article met en évidence la diversité des positions au sein de l'orthodoxie contemporaine et plaide, à partir d'une ecclésiologie du sacerdoce baptismal commun, pour que la question soit traitée comme une interrogation ouverte, appelant discernement et approfondissement de la Tradition authentique.
Lire l'article → Vers une restauration créative du diaconat féminin ?Cet article d'Élisabeth Behr-Sigel porte sur la question de la restauration du diaconat féminin dans l'Église orthodoxe. Il se présente sous la forme d'une lettre adressée au patriarche œcuménique Bartholomée Ier, cosignée par plusieurs théologiens et personnalités orthodoxes de renom. L'idée principale est que la restauration du diaconat féminin, loin de constituer une rupture avec la Tradition, s'inscrit dans la continuité historique et canonique de l'Église, comme en témoignent les pratiques patristiques et les résolutions de plusieurs consultations pan-orthodoxes depuis 1976. L'apport théologique de ce texte réside dans la distinction entre reconstitution archéologique et « revitalisation créative » du ministère diaconal féminin, adapté aux réalités contemporaines, notamment à l'accès des femmes aux études théologiques et à leurs responsabilités croissantes au sein des communautés ecclésiales.
Lire l'article → 20e anniversaire de la mort du « moine de l’Église d’Orient » Lire l'article → La place de l’Église orthodoxe dans la construction européenne Lire l'article → Pour un témoignage chrétien renouveléCet article d'Elisabeth Behr-Sigel, issu d'une conférence théologique, s'interroge sur les conditions d'un témoignage chrétien renouvelé à l'aube du IIIe millénaire. Prenant appui sur la pensée du père Alexandre Men, dont la formule « le christianisme ne fait que commencer » sert de fil directeur, l'auteure développe une réflexion de type méditation théologique engagée. L'idée centrale est que la fidélité à la Tradition vivante n'implique pas un fixisme, mais une avancée dynamique dans l'Esprit Saint, selon la tension paulinienne entre le « déjà » et le « pas encore ». L'apport de l'article est double : il mobilise la théologie néo-patristique — notamment Meyendorff — pour distinguer Tradition vivante et traditionalisme figé, et il identifie des chantiers concrets (bioéthique, place des femmes, relations Église-État, dialogue œcuménique) où une pensée orthodoxe renouvelée s'avère nécessaire et possible.
Lire l'article → Les tâches de la formation théologique orthodoxe au XXIe siècleCet article est la transcription d'une conférence prononcée par Elisabeth Behr-Sigel à l'occasion de la fondation de l'Institut pour l'étude du christianisme orthodoxe à Cambridge. Relevant de la réflexion programmatique, il interroge les orientations que devrait prendre la formation théologique orthodoxe au seuil du XXIe siècle. L'auteure soutient que la transmission fidèle de la Tradition ne saurait se réduire à un répétition figée, mais exige un ressourcement vivant, capable de répondre aux questions nouvelles posées par la modernité occidentale. S'appuyant sur les travaux de Lossky, Florovsky et Meyendorff, elle identifie plusieurs chantiers prioritaires : le dialogue œcuménique, la réponse théologique au problème du mal, l'approfondissement de la théologie trinitaire comme fondement anthropologique, et la question de la place des femmes dans les ministères ecclésiaux. L'article constitue ainsi un plaidoyer pour une orthodoxie universelle, critique et incarnée dans son contexte historique.
Lire l'article → Ouverture d’une école de théologie orthodoxe en Grande-Bretagne Lire l'article → La Bible, la Tradition, les Sacrements, source de l’autorité dans l’EgliseCet article d'Elisabeth Behr-Sigel examine la question des sources de l'autorité dans l'Église, en articulant ecclésiologie, herméneutique biblique et théologie de la Tradition. Adoptant une démarche réflexive et théologique, l'auteure part d'une conception orthodoxe de l'Église comme réalité divino-humaine pour interroger les fondements et les structures de l'autorité ecclésiale. L'idée centrale est que la Tradition authentique, loin d'être un conservatisme figé, constitue une réalité vivante et créatrice, capable de discerner l'essentiel de l'Évangile à travers les conditionnements historiques. L'article apporte une contribution significative au débat sur la place des femmes dans l'Église en montrant, à partir de Boulgakov, Meyendorff et Lossky, que l'ecclésiologie orthodoxe contient les ressources théologiques nécessaires pour distinguer Tradition vivante et traditions humaines relatives, ouvrant ainsi la voie à une reconsidération de l'accès des femmes aux ministères d'autorité.
Lire l'article → « Un moine de l’Eglise d’Orient » sur sa conversion à l’OrthodoxieCet article présente deux lettres inédites du père Lev Gillet (« Un Moine de l'Église d'Orient »), découvertes dans les archives de la métropole grecque-catholique de Lviv et adressées au métropolite ukrainien Andreas Szeptitsky entre avril et juin 1928. Elisabeth Behr-Sigel les introduit et les contextualise dans une étude biographique et théologique. Ces lettres éclairent la conversion de Lev Gillet à l'orthodoxie, précipitée par la publication de l'encyclique papale *Mortalium animos* (1928), qui condamnait le mouvement œcuménique naissant. Elles révèlent que cette décision procédait d'une conviction ecclésiologique rigoureuse — le rejet de la conception romaine de la primauté pétrine — et non de circonstances politiques, contredisant ainsi des hypothèses antérieures. L'article apporte un éclairage documentaire inédit sur l'itinéraire spirituel de Gillet et sur les tensions entre unionisme romain et orthodoxie au début du XXe siècle.
Lire l'article → L’Orthodoxie et la paixCet article d'Elisabeth Behr-Sigel examine le rapport de l'orthodoxie à la paix, en croisant réflexion théologique, histoire ecclésiale et actualité géopolitique. L'approche est à la fois méditative et analytique : l'auteure part de la liturgie eucharistique orthodoxe, où l'imploration de la paix occupe une place centrale, pour déployer une étude des tensions entre idéal évangélique et réalités historiques. L'idée principale est que l'orthodoxie porte une vision profonde de la paix — enracinée dans la mystique hésychaste et la prière liturgique — mais que ses Églises nationales ont souvent instrumentalisé cette tradition au service de logiques nationalistes. L'apport de l'article est double : il offre une relecture critique de l'histoire des Églises orthodoxes face à la guerre, et il signale l'émergence de courants théologiques et spirituels travaillant au désenclavement des orthodoxies nationales en faveur d'un engagement œcuménique pour la paix.
Lire l'article → Un colloque « Lev Gillet »Cet article annonce l'organisation d'un colloque international consacré à l'archimandrite Lev Gillet (1893-1980), figure majeure de l'orthodoxie francophone, à l'occasion du centenaire de sa naissance. Rédigé sous forme d'annonce institutionnelle par Elisabeth Behr-Sigel, au nom du comité préparatoire, le texte présente le programme et les intervenants prévus pour les 2 et 3 octobre 1993, à l'Institut Saint-Serge de Paris et au Moulin de Senlis. L'article rappelle l'itinéraire de Lev Gillet — fondateur de la première paroisse orthodoxe francophone à Paris, auteur spirituel prolifique et promoteur du dialogue œcuménique et interreligieux — et souligne la dimension délibérément œcuménique de la commémoration. L'apport de ce texte réside dans le témoignage qu'il offre sur la réception et la valorisation de l'héritage de Lev Gillet au sein des milieux orthodoxes et œcuméniques européens des années 1990.
Lire l'article → A propos de l’ordination des femmes Réponse à Monsieur Monsaingeon Lire l'article →